INNOV’EAU est un appel à projets national lancé par l’État dans le cadre du plan France 2030, et opéré par l’ADEME (Agence de la transition écologique). Il vise à soutenir des projets innovants dans le secteur de l’eau : amélioration de la qualité, traitement des micropolluants, sobriété des usages, avec une enveloppe totale de 100 millions d’euros.
Carb’Eau a été sélectionné parmi les lauréats 2025 de cet appel à projets, sur la base de ses performances techniques démontrées, de la complémentarité du consortium et de sa capacité à structurer une filière industrielle française. Le projet bénéficie d’un soutien public à hauteur de 1,79 M€.
Les micropolluants, pesticides, résidus médicamenteux, PFAS (substances fluorées persistantes), métaux, sont présents dans les ressources en eau à des concentrations croissantes.
Face à cette réalité, la réglementation européenne se durcit : la directive sur l’eau potable (2020) et la directive sur les eaux résiduaires urbaines prévoient des obligations de traitement de plus en plus strictes.
Parmi les technologies disponibles, le charbon actif fait référence : mature, économique, et efficace de 75% à 100% pour l’élimination des micropolluants.
Cependant, à ce jour, les charbons actifs utilisés en France sont aujourd’hui quasi exclusivement importés d’Asie (noix de coco) ou produits à partir de charbon minéral fossile. La France ne dispose pas de filière intégrée, du bois local au charbon actif.
Carb’Eau développe une alternative : un charbon actif végétal 100% français, produit à partir de résidus de bois de feuillus certifié PEFC, issu de forêts françaises, via un procédé de pyrolyse suivi d’une activation physique.
Cette activation développe une porosité interne considérable qui piège les micropolluants : jusqu’à environ 1 000 m² de surface par gramme, soit l’équivalent de quatre courts de tennis.
D’après les premières estimations du consortium, l’empreinte carbone de ce charbon actif végétal serait réduite d’environ 95 % par rapport au charbon actif minéral et d’environ 80 % par rapport au charbon de coco. Une analyse de cycle de vie (ACV) complète est en cours dans le cadre du projet.
Il est également régénérable : une fois saturé, il peut retrouver entre 70% et 90 % de sa capacité d’adsorption initiale après traitement thermique, prolongeant sa durée de vie et réduisant les besoins en matière première.
Le projet s’appuie sur les résultats des programmes communs au Groupe Bordet et à l’Institut Jean Lamour FLAG (ANR / France Relance, 2021–2023) et ETERNAL PFAS (2024–2026), qui ont permis de qualifier un premier prototype à l’échelle laboratoire avec des performances supérieures ou comparables aux charbons actifs commerciaux de référence.